Raphael JACQUOT, Vice Champion de France Minimes 100 BR

25 juillet 2013

Quelques taches de rousseur sous une touffe de cheveux en pétard. Mais ici, le pétard qui a explosé, c’est bien lui. Raphaël Jacquot est un tombeur de records. Pourtant, peu de monde aurait misé sur le nageur d’à peine 15 ans. Même pas son entraîneur de l’ASPTT Nancy, Thomas Ladent : « Au début, Raphaël ne sortait pas vraiment du lot. Alors si on m’avait dit un jour qu’il en serait là… »

Cette année, Raphaël Jacquot a enchaîné les prouesses. « Avec lui, on est allé de surprises en surprises… en surprises ! », sourit Valérie, la mère de famille. Un chiffre suffit à prouver la vitesse de la progression : sur 200 m brasse, il a grappillé plus de 20 secondes en une saison.

« Du statut de gamin à celui de grand favori »

Premier exploit pour le brasseur : battre le record de Lorraine sur 50 m aux interrégionaux d’Épinal (petit bassin) en décembre 2012. Succès suivant : se qualifier pour les championnats de France de Béthune dès le mois de mars aux N2 d’hiver. Puis, faire tomber les records régionaux sur 100 et 200 m brasse à Mulhouse, le mois dernier. « En un an, Raphaël est passé du statut de gamin à celui de grand favori », rappelle son entraîneur. Du coup, quand arrivent les championnats de France, le Nancéien est attendu au virage. Seulement, pas besoin de l’attendre longtemps : Raphaël Jacquot explose une nouvelle fois tous les records. La prestation est d’autant plus belle que les marques sont anciennes. Sur 200 m, il améliore son meilleur temps d’une seconde et efface des tablettes un record daté de 1981 ! Puis, sur 100 m, il prend à nouveau une seconde d’avance pour faire tomber un record vieux de 31 ans. Le voilà vice-champion de France et détenteur de la deuxième meilleure performance française (15 ans) de tous les temps. Première réaction ? « Ça fait bizarre, je ne m’y attendais vraiment pas. » Le performeur en viendrait à se surprendre lui-même.

En sortant du bassin de Béthune, Raphaël Jacquot n’a même pas eu le temps de reprendre son souffle : tous lui ont sauté dans les bras. L’explosion de joie après celle du record. Son père, nageur lui aussi, n’a pas réussi à cacher ses larmes. « Bravo, mon fils », aurait-il glissé à son oreille.

Raphaël Jacquot sait très bien que sa progression n’est pas due au hasard. « Tout ce qui m’arrive aujourd’hui, c’est grâce à mon entraîneur. » Une relation « presque amicale » s’est progressivement tissée entre les deux hommes.

« Pas forcément le premier à l’entraînement »

Pourtant, au début de la saison, l’ambiance à la piscine de Gentilly était parfois électrique. « Raphaël n’hésitait pas à aller au clash. Je l’ai même viré plusieurs fois de l’entraînement », se souvient Thomas Ladent. Pour le jeune talent, il était décidément compliqué d’intégrer la rigueur de son nouvel entraîneur. « Mais dès qu’il a vu ses temps s’améliorer, il est devenu un nageur sérieux, » se plaît à souligner le coach.

« Au début, Raphaël était un peu grande gueule. Mais après les championnats de France, il n’est pas rentré en roulant des mécaniques, au contraire. » Le désormais vice-champion de France garde les pieds sur terre et n’oublie pas ses copains nageurs. « Je suis peut-être parti aux championnats tout seul, mais à l’entraînement, je ne suis pas forcément le premier. En tout cas, je les remercie tous pour leurs SMS de soutien, tous ceux qui galèrent avec moi dans l’eau tous les soirs. »

Avec quatre à cinq entraînements par semaine, le rythme est difficile à tenir pour le lycéen. Pourtant, les performances sportives et scolaires se suivent parfaitement. Raphaël Jacquot a une année d’avance, et vient de réussir sa Seconde haut la main. Comme pour son précédent record, il vient d’assurer une Seconde d’avance.

Lucas VALDENAIRE – EST REPUBLICAIN du 24/07/2013

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